La directrice de la compagnie

Thiane Khamvongsa est une artiste pluri-disciplinaire, d’origine laotienne qui a grandit et étudié en France. Elle se forme à la dramaturgie au Cours Florent, à l’Atelier International de Théâtre de Blanche Salant et Paul Weaver, et au Cours René Simon. Dramaturge et metteur en scène, elle crée la compagnie de théâtre Les bêtes sur la lune en 2009. Elle est lauréate du prix Paris Jeunes Talents en 2010 pour Au revoir Pays qu’elle a écrit et mis en scène. Installée depuis 2013 à Vientiane au Laos, elle monte des projets mariant ses références et sa sensibilité théâtrale européenne avec des influences asiatiques afin de créer des pièces qui seraient les enfants d’un réel métissage artistique et culturel. « Ma démarche artistique se traduit par une recherche théâtrale au service des mots et de la poésie, certes, mais aussi et surtout du corps. De spectacle en spectacle, j’essaye de développer une gestuelle, de privilégier le mouvement, une écriture et un univers très personnel. Par le biais de la métaphore supernaturelle ou animale, et d’une mise en scène qui s’inspire toujours de l’univers       onirique, mes histoires parlent finalement de choses banales, tel que le monde dans lequel je vis, les sentiments, les relations entre les êtres, les rapports de forces, la place de chacun dans la société. Je n’écris que sur ce que je connais. Mais même dans le quotidien, il y a de l’extraordinaire. Parmi tous les gens qu’on croise, il y a ceux  qui sont capables de transformer le banal en merveilleux. Ce que je veux proposer dans mon théâtre, c’est la rencontre de mes trois formes d’expression favorites, le théâtre d'objets, le théâtre dramatique et la danse. Les spectacles se construisent grâce à l’écriture textuelle aboutie mais aussi à un travail d'improvisation chorégraphique sur le plateau. Le point d'appui artistique est tout autant le texte, mais aussi les objets, que la mouvance des corps, la musicalité du geste, les sons du plateau, les rythmes ou les respirations. J’aime à rendre les frontières artistiques mouvantes ou invisibles, pour proposer un univers insolite surtout dans le théâtre jeune public, où il faut embarquer les petits mais aussi les grands accompagnants. Qui mieux que les enfants savent vivre l’instant présent, le rapport direct, sans condescendance de la représentation? Lorsque je parle de mon métier à des enfants, parfois je leur raconte que je fais un peu le chef d’orchestre parce que je conçois le texte d’un spectacle comme une partition. D’autres fois je leur dis que je suis capitaine de navire parce que mon métier c’est d’emmener les gens en voyage en leur racontant des histoires. C'est le plus beau métier du monde»