L’auteur

            William Shakespeare, né en avril 1564 à Stratford-upon-Avon, dans le Warwickshire (centre de l'Angleterre), est considéré comme l’un des plus grands poètes et écrivains de la culture anglo-saxonne. Il écrivit 37 œuvres dramatiques entre les années 1580 et 1613, dans de nombreux registres comme la tragédie (Roméo et Juliette en 1595, Hamlet en 1603, Le Roi Lear en 1604 ou Macbeth en 1606), la comédie (Beaucoup de bruit pour rien en 1600 ou La mégère apprivoisée en 1594) et le drame historique (Richard III en 1591, Henri V en 1599 et Henri VI en 1593). Pour répondre à la demande de nouvelles pièces de divertissement à l’époque élisabéthaine, alors agé de 30 ans, il compose Le Songe d'une nuit d'été entre 1594 et 1595. Il deviendra ensuite un véritable entrepreuneur du spectacle en devenant actionnaire du théâtre du Globe en 1608 à Londres, avant de prendre sa retraite en 1611. Il mourut le 23 avril 1616, à l’âge de 52 ans. Connu pour sa virtuosité stylistique et la richesse de ses intrigues, celui que l’on surnomme désormais le génie de Stratford, a été de son vivant un acteur, un auteur et un entrepreneur de spectacle en vue, admiré et jalousé. A la postérité, son oeuvre se révèlera inépuisable. Aujourd’hui encore, 400 ans après sa mort, une activité critique confinant à l’industrie - produisant 5000 articles, livres et thèses par an - témoigne de notre fascination pour le prolifique dramaturge. L’influence du dramaturge sur la langue anglaise est telle que celle-ci est parfois surnommée « la langue de Shakespeare ». Il est probablement le nom le plus connu du théâtre occidental. Le Laos a vu sa première représentation professionnelle d’une pièce de Shakespeare lorsque la troupe du Globe de Londres, faisant son tour du monde avec Hamlet s’est arrêté le temps d’un soir en 2015 à Vientiane.

 

Le sujet

Deux jeunes filles et deux jeunes hommes soumis au jeu cruel des amours contrariés, une fleur aphrodisiaque qui embrouille les sentiments, un roi et une reine faisant trembler le monde en se disputant un enfant, des esprits espiègles semant  la confusion au cours d’une nuit dont personne ne saura vraiment si elle est un fantasme, une illusion ou un songe, mais dont nul ne sortira indemne : voilà les ingrédients (réels ou rêvés ?) de cet étrange chassé-croisé se déroulant dans la jungle tropicale d’Asie du Sud-Est. Le metteur en scène a en effet transposé cette fantaisie shakespearienne dans un Vientiane antique et imaginaire (renommé la Cité de Santal) et a remplacé la symbolique de la mythologie grecque par le folklore animiste laotien. Dans un monde où les fées sont devenues des esprits et des phis se plaisant à manipuler les mortels et à les métamorphoser en singes ou en amants contrariés, jalousie, illusions, désir, rivalité et métamorphoses sont au programme de cette nuit d’amour très agitée. Vanida aime Somleth qui aime Dokmai qui aime Viengsay qui l’aime en retour mais ne peut l’épouser car elle est promise à Somleth qui a rompu ses fiançailles avec Vanida depuis qu’il s’est amouraché de Dokmai. Viengsay et Dokmai décident de s’enfuir et sont pourchassés par Somleth lui-même pourchassé par Vanida. Ces destins croisés, qui se perdent et se retrouvent dans la forêt, jonglent avec l’imaginaire du spectateur, en passant des codes de la tragédie à ceux de la comédie, du monde réel à celui des rêves, de la poésie enchanteresse des esprits aériens aux délires prosaïques des ivrognes.

 

Le public cible

Thiane milite pour une politique d’accessibilité et une démocratisation du théâtre afin qu’il devienne un véritable lieu d’écoute, d’échange et de rencontres de tous les publics. Le théâtre a une fonction sociale. Il est une « nourriture » culturelle qui donne des forces à ceux qui le font, et au public. Les représentations seront donc gratuites afin d’encourager une audience laotienne à venir au théâtre. L’un des objectifs principaux est d’exposer la jeunesse à la culture afin de l’aider à apercevoir une dimension, une autre porte, au-delà d’un monde parfois trop virtuel et d’approcher celui de l’imaginaire, qui est beaucoup plus riche et vaste. Une première semaine de représentations à l’Institut Français vise un public d’expatriés à Vientiane ainsi qu’un public familial local. Des partenariats seront étudiés pour inviter les étudiants de Dong Dok ainsi que des élèves de Hoffet, de VIS, du Lycée de Vientiane, et d’autres écoles locales à venir voir le spectacle. Enfin, l’idée est également de circuler, d’exposer, et d’amener le théâtre au cœur du Laos, par le biais d’organisation de représentations gratuites et en plein air dans les villes de Luang Prabang, Thakhek ou Paksé, entre autres.