Au revoir Pays

Retrouver la parole pour lutter contre l’oubli

 

La guerre au Laos a tendance à être oubliée de l’Histoire. On connaît davantage le destin de ses grands frères, le Vietnam et le Cambodge. Ce petit pays a pourtant connu dans les années 70 de sombres événements. La guerre civile et la révolution entraînera en effet l’exode de près de 10% de sa population, contrainte de tout abandonner pour reconstruire ailleurs. Autant de drames personnels que les témoins de cette époque ne souhaitent plus évoquer. Mais comment trouver la paix si l’on se refuse à guérir les plaies du passé ? Les histoires que l’on ne raconte pas sont à jamais oubliées…

 

L’auteur, elle-même issue d’une famille de réfugiés politiques laotiens, a découvert les circonstances de son arrivée en France par hasard, au détour d’une conversation. Il lui a alors semblé nécessaire d’effectuer un travail de mémoire afin de lever le voile sur 35 ans de silence.

 

Identité & intégration

 

 A travers son témoignage, l’auteur a souhaité mettre en exergue une problématique : la difficulté de recréer un sentiment d’appartenance à une terre lorsque l’on vit dans un pays d’adoption. En effet, en fuyant leur pays, les réfugiés deviennent apatrides, ils sont citoyens du monde… et de nulle part. A l'heure où est lancé en France un débat sur l'identité nationale et où l’on parle des migrants avec des chiffres, la pièce interpelle le spectateur sur des thèmes plus actuels que jamais : Comment définir l’état psychologique mais aussi les positions sociales et politiques d’une personne qui a quitté sa patrie pour une vie (qu’elle espère) meilleure ? Comment gérer les contraintes sociales propres au pays d’accueil ? Et de manière générale, comment savoir qui l’on est vraiment si l’on ne sait pas d’où on vient ?

 

Les notions d’identité et d’intégration sont étroitement liées mais restent parfois mal définies… A quel moment peut-on dire que l’on est Français ? Cela passe-t-il par la maîtrise de la langue ? Par le degré de métissage sur son visage ? Par la reconnaissance personnelle de ce que l’on est ? Par celle des autres ? Où s’arrête l’intégration et où commence l’assimilation ?

 

Dans le cas de la jeunesse asiatique, on pense à tort qu’elle a su trouver sa place dans la société française du fait de son intégration économique. En latin integrare signifie renouveler, rendre entier, entrer dans un tout. Aussi, qu’en est-il de l’intégration sociale ? Les premières générations sont arrivées avec la volonté de s’adapter au pays d’accueil, tout en nourrissant l’espoir de transmettre à leurs enfants la culture du pays d’origine. Ces derniers se retrouvent donc déchirés entre le système de valeurs inculqué en famille et le mode de vie local, avec un sentiment permanent de renier l’un lorsqu’ils se plient à l’autre.